Deux textes dans les archives de la commune de Nargis nous font revivre ces adjudications au rabais, réglementées depuis 1761.

Le 26 mars 1792, Jean Miguet, alors maire, va adjuger la charge de receveur des impositions locales.

"Nous maire et officiers municipaux de la dite paroisse de Nargis, avons convoqué l'assemblée à l'issue de la messe et des vêpres dites et chantées en la dite paroisse du dit Nargis, les habitants en grand nombre présents, il a été nommé par adjudication au plus bas prix et dernier enchérisseur pour percepteur des contributions foncière et momilliaire (sic) et droits des patentes de l'année, s'est présenté la personne de Jacque Garnier qui a mis neuf deniers pour livre".

Il s'ensuit alors l'adjudication au rabais.
Enselme Miguet propose alors huit deniers, suivi de Jacque Garnier qui sous-enchérit à sept deniers,
Miguet descend à six deniers, Nicolas Charriot à cinq deniers la livre, puis "quatre deniers par Pierre Delouche, laboureur au dit Nargis, à luy délivré et a accepté et n'a signé faute de luy savoir et donné pour caution la personne de Jean Miguet, actuellement maire, qui a signé avec les citoyens,

Fait au banc d'oeuvre de la dite église le 26 mars 1792 ".

L'année précédente , il n'y avait pas eu d'adjudication. Le maire avait fait usage de ses prérogatives et désigné d'office le percepteur.

"Ce jourd'huy 15 août 1791, immédiatement après les vêpres dites et chantées en l'église de cette paroisse de Nargis, l'assemblée convoquée par nous maire et officiers municipaux et procureur de la commune en la manière accoutumée, nous membres de la municipalité, notables et paroissiens, en vertu de la loy relative à la contribution foncière et mobilière, décret de l'assemblée nationale du 28 juin 1791, pour nous conformer à cette dite loy, nous avons tenu assemblée le sept du présent mois, huit jours auparavant celuy-cy, pour annoncer à la commune que l'assemblée se tiendra aujourd'huy, pour nommer un Receveur ou Dépositaire des impositions totales de 1790 qui doivent être payées par acomptes sur l'année 1791 des impositions foncières et mobilières, pour subvenir aux besoins de l'Etat, en attendant que la matrice de rôle de cette dite paroisse soit parachevée.

Nous avons nommé et nommons la personne de Nicolas Oudin(1) que nous connaissons pour honnête citoyen de commune de Nargis en le prévenant qu'il versera tous les quinze jours entre les mains du receveur du district les sommes qu'il aura reçues et sera le dit receveur ou dépositaire, salarié comme à l'article 5 du décret des 11 et 13 juin 1791.

Et en même temps, nous avons inscrits tous les contribuables qui sont portés au rôle des impositions de 1790 ......."



Le maire était Claude Pierre Oudin. On le retrouvera, lui-même receveur pour la commune les années XI et XII de la République.

Avant la Révolution, le collecteur de tailles était élu par les paroissiens. Parmi les actes notariés retraçant ces élections, je n'en rapporterai que deux, ceux de 1733 et de 1735.

Etienne Bouchet, notaire à Nargis, retrace ces deux événements (2).

 


(1) Il exerçait les fonctions d'éclusier. Il était porte-enseigne de la garde nationale de Nargis.
(2) Archives départementales du Loiret . Référence 3 E 15843.