Chaque année, la commune admet gratuitement quinze à vingt enfants dans les écoles; ce sont des enfants dont les parents sont de condition modeste. Un ou deux enfants de l'hospice d'Orléans sont également accueillis. En 1871, 26 enfants sont admis gratuitement dans les écoles. La rémunération prévue lors de l'élaboration du budget de la commune est de:

Ecole des garçons:


 
enfants de moins de 7 ans 1,35 franc

enfants de plus de 7 ans 1,85

Ecole de filles :


 
filles de moins de 5 ans 1,10

filles de 5 à 7 ans 1,35

filles de plus de 7 ans 1,85

Enfants accueillis gratuitement
 
1,10 "

Le traitement de l'instituteur et celui de l'institutrice sont fixés à 200 francs; ils perçoivent en outre 100 francs pour les cours d'adultes .

Le rôle de la rétribution scolaire s'élève à 2.421,85 francs. 1.783,43 francs sont directement à la charge de la commune couverts par l'impôt. Le solde également à la charge de la commune est compensé par des subventions départementales et d'Etat. Tout semble bien se passer; le 21 mai 1871, vu la bonne direction de l'école des filles par des religieuses, le maire décide qu'à compter du 1er janvier 1872, l'école continuera d'être dirigée par deux dames religieuses directrices .

Hélas ! si la direction des écoles se passe bien grâce à Désiré Pouradier l'instituteur des "gars" et aux religieuses à l'école des filles, le maire se débat avec ses faibles ressources, et expose au Préfet, le 11 août 1872, la situation financière "fâcheuse" de la commune.

"La maison d'école des garçons est dans un état qui ne permet pas d'attendre plus longtemps son agrandissement; celle des filles ne nous appartient pas. Le bail va finir bientôt et le propriétaire ne veut plus louer. Je n'en vois aucune de convenable à notre disposition et nous serons forcés d'en construire une ".

Effectivement le bail de Monsieur Lemesle expire le 1er novembre 1878.

Quelques 18 mois après, le sous-Préfet trouve une solution.

" Puisqu'il vous faut une école de filles et une mairie, et que vos ressources ne permettent pas en ce moment de faire construire ces deux bâtiments, donnez l'école des garçons que j'ai visitée avec Monsieur l'Inspecteur, et faites construire une école de garçons et une mairie au-dessus, de cette manière vous aurez deux écoles à peu près convenables puisque l'école des garçons aujourd'hui pourrait s'agrandir en démolissant le mur du fond et la commune aurait ainsi une mairie, projet depuis longtemps connu. De cette manière, vos dépenses n'élèveraient pas beaucoup les impôts et plus tard, vous aviseriez à agrandir l'école des filles si nécessaire ".

Le 13 août 1874, le conseil municipal adopte un projet d'acquisition et d'appropriation de la maison Hannequin; quelques mois plus tard on décide autrement. La nouvelle décision est d'acquérir la maison d'école des filles et d'y construire deux salles de classe, l'une pour les garçons, l'autre pour les filles. A la place de l'école des garçons actuelle, on " fera la mairie et un trois-pièces pour l'instituteur ".

Le 5 septembre 1875, on commande l'exécution des plans et devis pour la construction des deux classes pouvant contenir chacune ... 80 élèves, ainsi que les frais d'appropriation de la mairie et des logements des enseignants. Le coût, y compris les frais d'acquisition des terrains, s'élève à 17.000 francs.

L'affaire traîne en longueur ; Encore un mal nargissien !

L'acquisition de l'école des filles ( maison Billard ) ne se réalise que le 10 janvier 1877. Des travaux complémentaires sont réalisés en 1878. On pose des volets aux fenêtres des classes; les cours de récréation sont séparées des propriétés voisines par un mur de clôture; on ajoute à l'école des filles un nouveau cabinet d'aisances et .....une cave etc...

Le ministre de l'éducation de 1879 à 1883 est Jules Ferry. Lors de sa prestation de serment à la salle Molière il annonce: " Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j'en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j'ai d'intelligence, tout ce que j'ai d'âme, de coeur, de puissance physique et morale, c'est le problème de l'éducation du peuple".

La III e République fut la fondatrice de l'école laïque, gratuite et obligatoire. La gratuité fut instaurée dans le primaire par la loi du 16 juin 1881, et l'obligation par celle du 28 mars 1882.


Jules Ferry était partisan d'un enseignement laïque, mais gardait une position tolérante vis-à-vis de la religion. Son oeuvre fut d'ouvrir des écoles, mais surtout de former des maîtres et des instituteurs.