Conformément aux prescriptions royales de grouper en
Touraine les anciens officiers et soldats qui avaient participé aux
guerres canadiennes, Georges de Gannes resta dans cette région qui
dailleurs lui était familière. Il sétablit au Grand-Pressigny, et cest
là, quil mourut le 1er janvier 1767. Il fut inhumé le lendemain en
léglise paroissiale, et son acte de décès porte : "Chevalier, croix de
lOrdre royal de Saint-Louis et ancien major de Trois-Rivières, âgé
denviron 61 ans".
Sa veuve et sa fille Charlotte restèrent au Grand-Pressigny jusquen 1771.
Georges, le fils, avait comme son père, embrassé la carrière militaire. Le
13 décembre 1770, après avoir fait ses preuves de quatre degrés de
noblesse et muni du certificat obligatoire délivré par le sieur dHozier
de Serrigny, il était admis par ordonnance royale au collège royal
militaire de La Flèche. Envoyé avec le titre de lieutenant au régiment de
la Martinique, il y fut massacré le 25 septembre 1795 par les rebelles au
gouvernement. Il avait épousé une damoiselle Marchand de Ligneris. Il
neut quune fille, Médelle, laquelle épousa le baron de Barrot et mourut
sans postérité.
En quittant le Grand-Pressigny en 1771, Madame de Gannes se retira à
Beaulieu, près de la ville de Loches. Cest là quelle mourut le 4
brumaire an XII (1), et son certificat
dinhumation est ainsi inscrit au registre détat-civil :
"Marie-Françoise de Coigne veuve de Ganne, née au Canada, et depuis
domiciliée en cette dite commune, âgée de quatre-vingt-deux ans, est
décédée au domicile du citoyen Gallicher, notaire public en cette
commune , à trois heures du matin ".
Son décès était survenu au domicile de Louis Etienne Gallicher, son
gendre. Cest ce dernier, conseiller du roi, notaire royal et maire de
Beaulieu, qui lui avait loué une petite maison située entre Saint-Laurent
et la rue Guigné (2). A cette époque, vers
1771, Louis Etienne Gallicher habitait rue de labbaye, à main droite en
allant vers la place de léglise, et près de celle-ci. Cest ensuite quil
épousa la jeune Charlotte-Françoise de Gannes. Il avait près de 44 ans ;
lheureuse élue, 26.
Cest le frère du notaire, Charles, qui recevra
le consentement des époux :
" Le dix-huit janvier mil sept cent quatre-vingt un, après la
publication dun ban du futur mariage entre
Maître Louis Etienne Gallicher conseiller du Roy, maire de cette ville
notaire royal et procureur fiscal de cette baronnie fils majeur de déffunt
le Sr Louis Gallicher et de dame Marie Drouet-Chalus dune part,
et damoiselle Charlotte Françoise de Gannes, fille majeure de déffunt
Messire Georges de Gannes, chevalier de lordre royal et militaire de
Saint Louis et de dame Marie Françoise de Coigne dautre part, tous les
deux de cette paroisse,
Faite dimanche dernier au prône de la messe paroissiale, sans que se soit
trouvé aucun empêchement ou opposition,
Vu la dispense de deux autres bans accordée par Monsieur de Mazan, vicaire
général de Monseigneur lArchevêque en date du quinze du présent, ainsi
signée de Mazan, vic. Gal Jai curé de cette paroisse reçu dans cette
église le mutuel consentement de mariage des sus dites parties et leur ai
donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies prescrites par la Sainte
Eglise, consentante dame Marie Drouet-Chalus, mère de lépoux, et
Marie-Françoise de Coigne, mère de lépouse, en présence de Maître
François Arnault, procureur de la châtellenie de Ferrière-Larçon, des
sieurs Louis Ménage, père et fils, Louis Cosson père et fils, Louis René
Lacroix Michel Robin beau-frère de lépoux.
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